Richard Le Roy Bruke, 13 janvier 1930 – 26 août 2020 :
C’est avec une grande tristesse que je vous annonce le décès de Richard Le Roy Bruke, cofondateur du SPIRAC.
Richard est né à Chicago, aux États-Unis, de parents immigrés suédois. Son père est décédé juste avant son premier anniversaire. N’ayant pas d’autre choix, sa mère a fait ses valises et est retournée en Suède avec Richard. Richard a grandi dans le petit village de Fåglavik, dans le Västergötland. Fåglavik, entouré de forêts, était réputé pour sa production de verre soufflé à la main de grande qualité. Richard a grandi au milieu de ces hommes travailleurs. Ils lui racontaient leurs histoires, dans une ambiance où régnaient les rires et la chaleur humaine. Cela a marqué Richard tout au long de sa vie. Il était connu pour son éthique de travail rigoureuse, sa passion, son talent de conteur et sa personnalité chaleureuse. Il vous accueillait toujours avec un grand sourire et une étreinte chaleureuse.
Richard souhaitait devenir garde forestier, car il adorait la nature, mais le directeur de l’école lui a expliqué que la Suède avait besoin d’ingénieurs, et l’affaire en est restée là. Richard a été le premier habitant de Fåglavik à suivre des études supérieures. Il a étudié l’ingénierie à Chalmers, à Göteborg.
Après avoir obtenu son diplôme, Richard a décroché son premier emploi chez ASEA (aujourd’hui ABB) à Västerås, où il concevait des caisses en bois et d’autres emballages à moindre coût. Richard avait l’esprit créatif et savait sortir des sentiers battus. PLM (aujourd’hui Rexham), une grande entreprise suédoise spécialisée dans l’emballage, a reconnu son talent et lui a proposé un poste. Sa première mission a consisté à réorganiser le service des brevets de PLM. Richard a occupé plusieurs postes chez PLM avant de devenir directeur général de PLM Miljöteknik (PMT), une filiale créée pour faire face au problème croissant des déchets ménagers en Suède. PMT concevait des systèmes de collecte et de tri des déchets ménagers. PMT avait besoin d’un système permettant de collecter et d’acheminer les sacs poubelles vers un point central au sein des complexes d’immeubles d’habitation.
Il existait une petite entreprise, IGM, spécialisée dans la fabrication de convoyeurs à spirale sans arbre destinés à l’évacuation automatisée du fumier et de la paille des étables. PMT a racheté IGM et a développé une gamme de convoyeurs à spirale plus robustes et plus variés, car ceux-ci devaient être installés sous terre avec un accès minimal sur des distances pouvant atteindre 60 mètres. Les sacs poubelles devaient également être transportés en subissant le moins de dommages possible. La spirale, dépourvue d’arbre et de paliers intermédiaires, permettait d’y parvenir. D’autres applications ont été explorées, et le transport par spirale s’est révélé particulièrement adapté à la manutention de matières collantes et filandreuses telles que les boues et les résidus de dégrillage dans les stations d’épuration des eaux usées.
En 1984, Richard, accompagné de son épouse Louise, a fondé SPIRAC Engineering AB et a racheté à PMT la branche de l’entreprise spécialisée dans le transport par spirale. Ils y ont vu une formidable opportunité de commercialiser des produits et des systèmes à spirale en dehors de la Scandinavie. Richard a inventé et breveté de nouvelles applications de la spirale, telles que le SPIROPRESS pour l’essorage et le système vertical SPIROLIFT. On lui posait alors, comme c’est encore le cas aujourd’hui chez SPIRAC, des questions telles que : « Comment le SPIROPRESS peut-il essorer sans arbre ? » ou « Comment le SPIROLIFT peut-il assurer un transport vertical ? » Le matériau ne risque-t-il pas de retomber par l’orifice ?
Richard a parcouru le monde avec deux classeurs remplis de transparents, car Internet et les présentations PowerPoint numérisées n’existaient pas encore à l’époque, afin de présenter avec passion les avantages de la spirale sans arbre. Richard affirmait fièrement que SPIRAC était le pionnier du transport par spirale. Grâce à la passion et à la persévérance de Richard, la technologie de la spirale est aujourd’hui reconnue et mise en œuvre dans le monde entier.
Après avoir vendu SPIRAC en 2000, Richard et Louise ont pris leur retraite et ont passé la majeure partie de leur temps dans leur maison de campagne, où Richard aimait s’occuper des jardins. Il s’y sentait toujours en paix, car il pouvait s’y détendre et se ressourcer après les contraintes du travail et de ses voyages.
L’esprit de Richard continuera à vivre au sein de SPIRAC.
Joakim Ramén,
, PDG du groupe SPIRAC